Bientôt, ce sera la commémoration des vingt ans du massacre de la Polytechnique. D'un côté, je remarque qu'il y a un petit groupe de féministes qui voudraient culpabiliser tous les hommes pour cet acte impardonnable, triste et inadmissible. Pour ma part, je prend la pensée de ces quelques femmes avec un grain de sel. Le chapeau ne me fait pas et je suis suffisamment confiant pour ne pas me sentir personnellement attaqué par ça.
Ceci étant dit, cette commémoration sème une autre inquiétude autrement plus troublante. C'est le fait qu'un groupuscule, heureusement marginal mais néanmoins présent tente de glorifier l'oeuvre de Marc Lépine.
En effet, un de ces activistes masculinistes fait l'apologie de son héros Marc Lépine, cet individu qui a provoqué la tuerie de la Polytechnique.
Sur le web, il se nomme John Gisogod et il exprime ses idées masculinistes sur au moins trois sites dont le plus explicite est marclepine.blogspot.com. Un exemple, tel que rapporté par une journaliste de Radio-Canada : Une photo montrant une femme au centre d'une cible avec un insigne nazi dans un symbole du féminin où l'on peut lire en anglais «Où cela pourrait se passer de nouveau avec les bonnes personnes et le bon équipement.»
Évidemment, John Gisogod n'est pas le véritable nom de ce glorificateur d'un tueur de la pire espèce. Son vrai nom serait Jean-Claude Rochefort. Depuis ce printemps, il a décidé de porter sa lutte masculiniste dans le cyberespace. Sa prétention est de faire de l'humour. Il se justifie même en accusant les féministes d'avoir elle-même créée un héros en Marc Lépine.
Sur le blogue, on peut y lire :«the famous Chef Lépine, the Marc boogey man of the feminists and of the yearly December 6th celebration, Marc the symbol and the icon, Marc the social phenomenon and history figure».
Ou bien cet extrait: «Marc Lépine dit aux femmes: VOUS N'AVEZ PLUS À ÊTRE DES MONSTRES. Il dit à ces milliers de femmes qui ont volé la maison de leur ex-, volé son argent, et sa voiture, il dit à celles qui ont porté de fausses accusations et lui ont enlevé ses enfants, lui ont volé son emploi et l'ont poussé au suicide: ARRÊTEZ D'ÊTRE DES MONSTRES, arrêtez de rêver de tuer des hommes et de planifier leur génocide, et peut-être qu'on va vous pardonner un jour et recommencer à vous aimer. C'est un message fort, UN MESSAGE D'AMOUR, digne d'un nouveau Christ.»
En fait, il déplore que la tuerie continue d'être commémorée, 20 ans plus tard. «C'est un fait divers qu'on a récupéré pour en faire un monument. Est-ce qu'on va fêter Marc Lépine encore dans 50 ans? Arrêtez, c'est ridicule! » dit-il. De ce qu'on peut comprendre, c'est qu'il se sent personnellement interpellé et visé par cette commémoration.
Nous sommes dans un pays où la libre-expression a cours, et M. Rochefort a le droit d'avoir ses opinions et de les exprimer. Mais la libre-expression a ses limites, on ne peut tout de même pas glorifier un massacre. Même en ne prétendant faire que de l'humour. Ce Rochefort, est-il sérieux, ou ne l'est-il pas? On ne le sait pas, on ne le connait pas. Mais, on n'a qu'à se rappeler le drame de Dawson pour savoir qu'un site Internet peut convaincre un individu déséquilibrer de passer à l'acte.
Soit dit en passant, le site Internet est logé sur Blogger de Google qui semble permettre la diffusion de messages à caractère haineux.
J'ai vérifié ce site, et il semble très peu achalandé. Donc, il y aurait peu d'adeptes. Ainsi, avant d'écrire à propos de ce site sur mon blogue, j'étais partagé à savoir qu'en dénonçant un marginal, je contribuais à attirer une publicité sur lui qu'il ne mérite pas. Ce qui m'a convaincu, c'est que la plupart des événements malheureux se produisent quand il y a absence généralisée de dénonciation. Il faut lutter contre cette indifférence qui s'installe dans notre société.
Pour plus d'informations, voir le reportage d'Isabelle Richer et de Barbara Debays
J'aimerais féliciter les journalistes qui osent écrire sur cet individu qui n'hésite pas à utiliser l'intimidation ainsi que de publier des données confidentielles.
dimanche 29 novembre 2009
Inscription à :
Publier les commentaires (Atom)

0 commentaires:
Enregistrer un commentaire